dimanche 30 janvier 2011

PUBLICATION :: BURLESQUE CORNER Interview: par Marie MEIER ::


Marie MEIER artiste "hyperactive" m'a interviewé pour son blog consacré aux artistes du strip-tease burlesque version Frenchie.
La cerise sur le gâteau, c'est un magnifique dessin. 
Plein de détails et de couleurs, Marie compose à chaque fois un petit concentré de personnalité pour chacune d'entre nous! Un trés trés beau cadeau.
Ci dessous l'interview pour ceux qui auront la flemme de se rendre sur le lien (et vous auriez tort!) .
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Marie MEIER is an hyperactive and very talented painter. She interviewed me for the Burlesque Corner's blog, an illustrated guide of the girls in the Burlesque scene.
She beautifully adds an illustrated portrait to each interview. Full of details an colours: a beautiful, wise and sensible gift.
Below is the interview in French (sorry guys! no time to traduce it but you still check it on the link above in English). 
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" 1. Bonjour Mimi, peux-tu te présenter ?
Bonjour! Je suis Mimi de Montmartre: Catalane exilée sur les toits de Paris!

2. Comment et quand en es-tu venue au Burlesque ?
J'y suis venue par la musique.

J'ai commencé par être danseuse dans les cages à Go-Go des festivals 60's, en particulier le Wild Weekend, super festival garage 60's organisé par Barbara et Josh Collins (également organisateurs du Las Vegas Grind aux U.S.A., Frat Shack à Londres, et à présent propriétaires expatriés du Deville's Pad bar à Perth en Australie!) dont les dernières éditions en Espagne ont été vraiment fantastiques.

Puis j'ai eu envie de monter à Paris une troupe Burlesque (ça ne m'est pas venu comme ça tout seul, j'avais remarqué et adoré les numéros des filles du Velvet Hammer sur le net), et j'ai donc commencé à "prospecter" et à rencontrer des filles, et me suis retrouvé dans une troupe qui se montait autour d'une chanteuse parisienne mais tout ça a tourné court pour des questions... d'ego surdimensionné (pas le mien, je te rassure!).

C'est là qu'une copine, Cécilia, qui organisait la concentre hot rods et kustoms des "Loud Mufflers" m'a demandé si je ne voulais pas me lancer toute seule, et faire un numéro entre les concerts de la soirée attenante; j'ai dit oui !

Et Mimi de Montmartre, que j'avais en tête depuis quelque temps, est montée sur scène pour la première fois ce soir là.


3. Quelles sont tes inspirations pour préparer tes shows ?
Elles sont toutes issues de l'univers dans lequel j'évolue depuis mon enfance.

Ce que je trouve génial dans le Burlesque c'est qu'il permet de pouvoir vivre ses fantasmes sur scène! Et c'est ce que je fais.

C'est un univers très imagé; cela va du Cinéma: John Waters, Mario Bava, Russ Meyer, Georges Lautner et Michel Audiard, Georges Méliès (pour mes préférés, mais il y en a tellement d'autres!), les films de série B des années 50, Benny Hill, les monstres de la Hammer et les films d'horreur, les westerns spaghetti en passant par la littérature, la B.D., la peinture, les magazines pour "messieurs" que je collectionne selon les thèmes ou les pin-up, jusqu'à la Musique.

La Musique qui elle aussi comporte une imagerie très riche: morceaux de musiques que j'adore, associés à toute une culture et une sous-culture Rock vivante à laquelle est bien évidemment rattachée Bettie (Page bien sûr!) une des mes premières icônes féminines (mais pas la seule).

A propos de mes numéros, on y retrouve mon univers associé à ma représentation personnelle de la femme. Une image très compliquée pour moi car à multiple facettes; et c'est ce que j'aime à reproduire dans mes numéros. L'idée de la personnalité multiple et paradoxale. C'est pourquoi il y a toujours deux parties dans mes numéros.

"Beatnik Girl" c'est un stéréotype de la Beatnik, fille cool et anticonformiste des années 1950. Gréco, l'époque Saint-Germain et de ses caves enfumées. Des couleurs sombres des cheveux aux vêtements. L'univers Beat évoque aussi bien sûr le tempo, rythmant tout le numéro et les points clés du déshabillage. Cette fille blasée refusant les codes de la Société bourgeoise et de Consommation (déjà des Punks!) révèle l'autre facette de son anticonformisme: elle se transforme peu à peu en strip-teaseuse aux couleurs flamboyantes.

"Teach me Tiger" c'est la féline, femme-tigresse ronronnante et douce à laquelle l'image de la Femme est associée. Mais dés qu'on lui en fait trop, comme tous les félidés elle sort ses griffes, redevient sauvage et violente, à l’image des femmes de Russ Meyer dans “Faster Pussycat ! Kill!Kill!”,et dans cas ...avoine le Mâle!

"Cleo! Cleopatra!" est né pour la mini-tournée des Staggers qui m'avaient invitée pour la sortie de leur LP. Je savais le chanteur Evel également fan des Mummies et de tout l'univers des monstres, et c'est ce qui a inspiré ce numéro qui a été une surprise pour lui.
 

"Qui est In Qui est Out" a été créé a l'occasion d'une soirée de Gentry: "Hommage à Serge Gainsbourg"; encore une fois il y a deux images de la femme, joué plutôt sur le code vestimentaire: “Out” la fille des années 50 qui devient In en entrant dans les années 60 dans une tenue très Hullabaloo A-Go-Go.

Enfin dans mon dernier numéro “Coupable!” j’ai voulu rendre hommage à tout ce que le rock a produit comme idoles et rébellions.
Chez des icônes Rock’n’roll comme Vince Taylor et Bettie Page (et tant d'autres!), la rébellion s'est exprimée autant par les vêtements que par l'attitude provocatrice: cuir, chaînes et bullet-bras aussi bien que déhanchements suggestifs du « pelvis »!
Dieu, Diable et Rock’n’roll.

Le rock est une musique aussi aliénante que le sont le bondage et le fétichisme!

J'ai eu l'idée de ce numéro en voyant Les Bourreaux sur scène, et l'idée de la musique m'est venue lors de la balance d'un concert des Terribles (un des groupes de mon homme). Le batteur tapait de manière régulière sur la caisse claire, et j'ai trouvé ça hypnotisant, très dramatique! J'ai associé ça à un classique du rock "Shakin all over", mais avec la version des Eyes, qui est très sexy.

Le Rock, dès son origine fut accablé de tous les maux : coupable de pervertir la jeunesse, son côté obscur et diabolique a toujours fait "jaser". Il puise son image dans celle de ses héros : marginaux, contestataires, anticonformistes, rebelles...Et on retrouve tout ceci dans le Burlesque. Enfin, dans le burlesque comme je l'aime.



4. Réalises tu seule tes costumes ou te fais tu aider par une styliste attitrée ?
Disons que comme dirait l'autre: "j'aimerais bien, mais j'peux point!". Les idées sont là mais les mains ne suivent pas et puis le Temps, surtout, me manque effroyablement.

Mes premiers costumes : "Beatnik Girl" et "Teach me Tiger" ont été réalisés entièrement par mon amie Sunny Buick, artiste complète et géniale, aux multiples talents!

Puis pour le costume de "Cleo! Cleopatra!" il y a eu un besoin évident de mains supplémentaires pour coudre les bandelettes de momie et mon cher et tendre Fred, aux multiples talents également (haha), s'y est mis. Depuis c'est lui qui coud mes costumes: "Qui est in? Qui est out?" et "Coupable!" : c'est lui!

PS: Je dois me confesser!! (et je ne suis pas folle de la messe…surtout en faisant du sport) Pour expier un peu la honte d’avoir un corset en attente depuis ...2 ans (?!) chez Monsieur François, corsetier incroyable (adorable mais qui va finir par me taper!), des Corsets de Montmartre, car je n’arrive pas à trouver comment le finir. Pardon encore une fois François!  Je te promets que mon inspiration viendra et qu’on le finira ce splendide corset! C'est lui qui m'a fait également ma ceinture mini-corset de "Super-Mimi" - ornée d'un M doré qui veut dire Mimiiiii!- que je porte sur une série de photos)

5. Grande fan des Cramps j’ai cru reconnaître une référence à Poison Ivy dans une de tes performances, celle où tu portes un costume de tigresse très similaire à celui qu’elle a sur la pochette de « Can your pussy do the dog ». Est que le rockabilly, gothabilly est la musique en général tient une grand place dans ta façon de penser le burlesque ?
Bingo! Le costume est effectivement inspiré de Poison Ivy.

C'est ce numéro qui s'intitule « Teach me Tiger », un hommage aux Cramps dont le morceau « Bikini girls with machine guns » fait partie.

La musique en général a toujours eue une place importante dans ma vie: depuis mes deux grand-pères qui adoraient chanter et danser (et qui me poussaient toujours à faire de même!) jusqu'à tous les groupes que j'ai vus en concert dés que j'ai pu le faire vers 14/15 ans; la musique est un élément essentiel à la qualité d'un numéro. Elle rythme les points clefs du déshabillage et... le numéro tout court!

Mon dernier numéro: "Coupable!" en est l’illustration parfaite: Coupable d’adorer la musique du Diaaaable! Ahahaha!

Conclusion: J’irai tout droit en Enfer...mais je me serai bien marrée!

PS: le Gothabilly n’est pas vraiment mon ami, le Rockabilly: moui ... plutôt le White Rock ou le HillBilly (celui de Hasil Adkins, …), et puis les Cramps c’est plutôt du registre garage punk, ce qui me parle beaucoup plus...



6. Gentry de Paris t’a citée comme étant une des rares performeuses françaises à avoir saisi le vrai esprit burlesque, penses-tu effectivement respecter certains codes issu de la grande tradition burlesque ?
C’est un très beau compliment de la part de Gentry (bien que le mot «Performeuse » me grince aux oreilles : c’est quoi ce mot?! Il n'est pas beau: on dirait gros un outil pour percer, forer et former. Je déteste ces détournements pseudos-branchouilles de l’anglais – c’était la minute chat-mal-léché -).

Je ne sais pas si je respecte des « codes traditionnels » (quoi que cela puisse être), je pense plutôt que Gentry voulait souligner que je m’intéresse à l’Histoire et aux origines du Burlesque; J'essaie d'en saisir l'esprit comme cela également.

C’est aussi vrai que j’achète depuis longtemps tout ce qui touche au strip-tease: livres, objets, disques, cartes postales, affiches, etc.… ce qui commence à faire une chouette collec!... Et un gros trou sur mon compte en banque !

En même temps je n’ai pas l’objectif de faire revivre le passé : reproduire ce que Bettie Page, Lilly Christine ou Patti Wagin faisaient à merveille en prenant le risque d’un rendu forcément médiocre car pas original (au propre comme au figuré) : quel intérêt ?
Je n’ai pas de complexe vis–à-vis du Passé; l’esprit du Burlesque c’est avant tout la liberté de ton, de formes et de couleurs qu’il offre, s’amuser, provoquer sans jamais être vulgaire : autant en profiter !



7. Quelle est l'expérience la plus marquante de ta carrière ?
Outre ma joie d’avoir pu partager la scène avec des groupes que j’adorais, et plus ou moins « mythiques » (c’est vraiment ces dates là , pendant des festivals de musique, avec des groupes, etc. que j’aime le plus faire) il y a eu le NanoCabaret à Montmartre qui se déroulait dans de tout petits endroits avec des Artistes vraiment fabuleux rencontrés, entre autres, à la Chaufferie de Philippe Découflé .

Il y avait deux représentations dans la soirée ; la représentation à laquelle j’ai participé se déroulait dans le sous-sol voûté d’un petit bar et notre loge consistait en un drap tendu sur la gauche de la scène et à un mètre des tables car l'endroit était minuscule, on nous voyait nous changer en ombre chinoise. Un spectacle dans le spectacle en somme!

Boopie Bloom et Mr Lolo en Maîtres de Cérémonie, Lulu Rafano, Ginger et Fresh, Candy Trash, Blanche Alix, Baron Sam'di, c’était un spectacle plutôt décalé, à la fois drôle, sexe et inquiétant, et surtout une ambiance vraiment amicale et "amateur" (dans le sens qui aime!) que j'adore. Le spectacle se terminait en chanson, on reprenait en chœur "Adieu Paris" de Berthe Sylva. La chanson est drôle mais assez émouvante aussi.

Il y a eu aussi le London Burlesque Festival, pour la démesure: des centaines (si! vraiment) de filles, dans des endroits différents sur plusieurs jours, un public très réactif, et une sacrée ambiance dans les "loges" (pour moi et Trixie Malicious, en l'occurrence, la laverie d'une crèche où nous avons réussi à trouver de la place au milieu de toutes les artistes dispersées dans tous les coins et recoins du lieu).

En y repensant, je crois que les expériences les plus marquantes sont liées à des rencontres, des ambiances avant et après le spectacle. Si je ne me suis pas amusée... je préfère oublier!



8. A quoi penses-tu quand tu es sur scène ? Comment vis-tu ce moment sur scène ?
Je monte…et je danse! Pas de quartier!
 Autrement: « Attention Monsieur! Vous allez vous décrocher la mâchoire… », « Ça va encore faire une photo à « détaguer » ça! », « Ce type étonnant est arrivé à pied par la Chine ! », « Hey! Salut Fred! », « Tiens? Le vent souffle dans la rue du Quai... », « Oh! Le veau gras geint!", "Madame, votre grosse poule mue!"

En gros, ce sont à peu près mes pensées…en gros hein! Et pas que sur scène d’ailleurs…



9. Tu travailles depuis quelques années maintenant, comment vois tu l’évolution du burlesque depuis tes débuts ?
Au début, il y avait les dinosaures…

Plus sérieusement (tout d’même) je dirais : toujours PLUS !
Plus de filles > donc plus de soirées > donc plus de public et donc > plus de paillettes > plus de sexe, plus d'alcool, plus d’argent !!! Et donc… plus de sueur et de poils !!!

Et là, c’est pas forcément top top…


10. Que penses-tu de la scène française ? As-tu remarqué au cours de tes voyages des différences notoires entre les façons d’aborder le burlesque ?
La notion de scène pour le Burlesque est plutôt difficile à définir, c’est différent de celles que l’on identifie facilement dans la Musique, par exemple, où l’on trouve plusieurs scènes : punk, garage, new wave, rock, electro, jazz, etc.

Je dirais qu’elle rattrape son retard sur le reste de l’Europe depuis deux ans vraiment.

Elle plutôt vivante, il y a des rendez-vous réguliers comme le Paris Burlesque Festival, la Glitter Fever, la Paname Burlesque Revue, la Gentry de Paris Burlesque Revue, la Van Paris Society Glamour Party, Deuxième Étage Porte Gauche, le Cirque Bonheur, la Olala Party entre Paris et Grenoble et bien sûr le tout dernier né que j'ai "inauguré" le 26 Janvier dernier à l'Alcazar et à qui je souhaite longue vie: Pin up O'rama!

Je suis sûr que j'en oublie, ou que d'autres rendez-vous sont en gestation dans le cerveau de nos demoiselles!



11. C’est quoi la journée type d’une artiste burlesque ?
Héhé! La question piège… car je ne peux pas répondre à cette question: j'ai une double vie!



12. Existe-il un rêve fou que tu aimerais voir se réaliser ?
J'en ai plein qui se sont déjà réalisés!

Comme je crois fermement que l'ON SE DOIT de rêver la vie que l'on veut et vice-versa (vous me suivez là?) et que l'on peut réaliser TOUT ce que l'on veut, je n'ai aucune crainte de vous les dire:

monter une troupe Burlesque avec Marie-France...(humour...), être dans un film de John Waters, rencontrer Edika (aow! aow!...), rouler (enfin !!) avec mon Aiglon, une moto de 1954 qui croupit depuis 9 ans (hum ! hum !) dans le local des Loud Mufflers! [NDR : Je cherche un moteur d'ailleurs, si quelqu'un lit ceci : on ne sait jamais!], ou encore avec ma petite chérie: une Opel Kadett coupé fastback Kiemen 1966, qui, par manque de temps toujours, attend un gros travail de rénovation pour pouvoir rouler avec, gagner au Loto (ben oui eh!), que l'on retrouve et punisse l'assassin de Flo...
 

13. Qui sont les artistes burlesques qui, actuellement, t’inspirent et t’excitent le plus par leur travail ?
Trixie Malicious, Fancy Chance, m’excitent beaucoup...haha!

Sérieusement, elles font partie de ces filles qui, pas du tout dans l’autopromotion, figurent parmi les plus douées du milieu, qui dansent depuis longtemps et sont très demandées; elles peuvent faire n’importe quel numéro sur scène et elles arrachent tout. Quoi qu'elles entreprennent, ce sera toujours génial! Elles sont nées pour la scène !
La preuve elles sont les grandes gagnantes du dernier « London’s Next Top Tranny»! Faut le faire!
Allez jeter un coup d’œil à leur duo ce soir là ici, ça vaut le détour! : http://www.youtube.com/watch?v=oezWhLo6TH8

Ce sont des hyperactives du Burlesque: une idée à la minute!

Sinon, les filles du Cabaret des Filles de Joie de Juliette Dragon sont vraiment dans l'esprit du Burlesque que j'aime: drôle, original, bien rythmé, des pros!

Elles m'excitent aussi...toutes...

Et puis, il y a toutes celles que j'ai eu la chance de croiser et avec qui j'ai des liens plus ou moins particuliers.
Et elles c'est sûr elles m'inspirent et...m'excitent.

TOUTES!! La preuve:

Alix: KOWABONGA! > Anne (Deltonette): YAY! > Lalla: AOWWW! > Gentry: OUIII! > Miss Glitter: WOAAA! > Cerise: OUGA! OUGA! > Zoe: ZOGOTOUNGA! > Valentina: WOGA CHTONGA! > Lada: YAAAARGLAAAAAA! > Pinkie: RHAAA LOVELY! > La Cholita: CARAMBAAAA! (très sauvaaage… j’adore!)…



14. Merci pour cette interview... Y a t il encore une précision à apporter ou un oubli à combler?
C'est moi qui te remercie Marie! C'est encore mieux qu'une séance chez le Psy! Et c'est gratuit! Et on a le droit à une belle image en plus!"
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